mardi 18 décembre 2012

Gabon : Les eaux du Fernan Vaz encore polluées




Lagune du Fernan-Vaz © extrait du film « Sur les traces de Paul Chaillu » - Gabon Review


Un nouveau média gabonais couvre l'affaire que nous avons révélée.
Le site Gabonews, dont nous reproduisons ci-dessous la dépêche publiée hier soir 17 décembre, est réputé proche des autorités.
On attend à présent que l'Agence Gabonaise de Presse (AGP) s'intéresse aussi au sujet, ce qui serait certainement un signal supplémentaire pour la presse écrite l'Union et Gabon Matin pour en parler à leurs lecteurs.

La sauvegarde de l'environnement doit être en effet l'affaire de tous.
Nous rappelons que le Gabon a déjà fait valoir lors de précédents accidents qu'il comptait appliquer le principe de pollueur-payeur, dans le respect des principes édictés par le "Gabon Vert".

Nous rappelons que nous avons lancé un appel à témoignages (photos, vidéos, témoignages écrits ou oraux) le 15 décembre sur les sites d'information suivants : Gabonreview, Gabonlibre, Koaci, Twitter et Facebook et à présent sur Gabonews.

18h00

Notre alerte dans les médias vient d'être reprise par les Jeunes de l'UJPDG-France.
Cela va dans le bon sens. On attendons à présent que les médias du gouvernement suivent le mouvement.


H2oGabon
h2ogabon@yahoo.fr
Tel - 07 53 77 70.
Twitter : h2oGabon



GABONEWS - 17.12.2012

Les eaux du Fernan Vaz encore polluées

Les habitants des villages voisins du lieu du sinistre se voient ainsi privés du poisson. Les autorités de la province de l’Ogooué-Maritime, de passage dans la localité, ont fait le constat de ce drame environnemental. Le président de l’ONG H2O, Henri Michel Auguste, joint par téléphone, souhaiterait qu’une solution soit rapidement trouvée.
« Depuis que la presse s’intéresse à la situation, la direction de la société tente de donner des indications erronées, une façon de brouiller les pistes », confie une source proche de Perenco.
En effet, cet exploitant de l’or noir s’enferme dans un silence coupable et envoie les défenseurs de l’environnement vers une direction qui n’a rien avoir avec Batanga. Déjà en 2008, cette société s’était illustrée par acte de pollution similaire. Une affaire qui avait conduit les populations de la contrée à paralyser des jours durant les activités de Perenco, obligeant les dirigeants de l’entreprise a trouver un compris avec les populations locales qui avaient été touchées par le déversement du brut sur les eaux de la lagune du Fernan Vaz.
Selon le communiqué envoyé vendredi à l'AFP, Perenco confirme qu'il y a eu fuite de pétrole le 11 décembre (mardi dernier) sur le champ offshore de Tchatamba. Perenco a réagi immédiatement (...) La fuite a été rapidement colmatée et est désormais nettoyée.
Perenco tient la direction générale des hydrocarbures de Libreville informée de la situation. La cause de l'incident a été identifiée et réparée, conclut le texte.
Crédit photo : LDN
GN/LDN/PGM/YKM/12


Lien vers l'article original 

vendredi 14 décembre 2012

Gabon: Perenco confirme une pollution offshore mais pas dans le Fernan Vaz

Gabon: Perenco confirme une pollution offshore mais pas dans le Fernan Vaz 

Images GoogleEarth - la zone estimée de la pollution d'hydrocarbures.
1ère image : Ozouri / Nkomi au Nord, Omboué au Sud
2ème image : zoom sur la lagune Nkomi et l'Omboué.



LIBREVILLE - Le pétrolier franco-britannique Perenco a reconnu vendredi dans un communiqué une pollution pétrolière offshore rapidement nettoyée au Sud-Ouest du Gabon mais non pas dans la lagune Fernan Vaz, un des plus beaux sites naturels du Gabon.

Perenco confirme qu'il y a eu fuite de pétrole le 11 décembre (mardi) sur le champ offshore de Tchatamba, déclare le pétrolier dans un communiqué envoyé vendredi au bureau de l'AFP à Libreville. Perenco a réagi immédiatement (...) La fuite a été rapidement colmatée et est désormais nettoyée, ajoute-t-il.

Perenco tient la direction générale des hydrocarbures de Libreville informée de la situation. La cause de l'incident a été identifiée et réparée, conclut le texte.

Jeudi, une ONG de défense de l'environnement H2O avait évoqué une nappe de 5 km2 dans la lagune du Fernan Vaz (également au Sud-Ouest), sans pouvoir en identifier la provenance, mais en indiquant que Perenco avait mobilisé ses équipes pour enrayer la pollution.

Le Gabon a déjà fait valoir lors de précédents accidents qu'il comptait appliquer le principe de pollueur-payeur.

Le pays est le 4e producteur subsaharien de pétrole avec 220.000 à 240.000 barils par jour. Officiellement, ses recettes assurent à l'Etat 60% de son budget. La majeure partie de la production se situe au sud de Port-Gentil, tant sur terre qu'off-shore.

Les principaux producteurs sont les groupes anglo-néerlandais Shell et français Total.

(©AFP / 14 décembre 2012 19h39)

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Nous continuons nos investigations.
Si vous avez des photos, vidéos, témoignages sur ce sujet, merci de nous contacter.
Cela nous permettra de confirmer nos observations sur le terrain.

h2ogabon@yahoo.fr - Tel - 07 53 77 70.

jeudi 13 décembre 2012

La ville de Port-Gentil en proie aux inondations



       Mars 2013                                                   Inondations à Port Gentil - H2o Gabon / Top Bendjé TV
                                                                           Janvier 2013


Article paru dans Reflets Magazine - décembre 2012

Reproduit ici avec l'aimable autorisation du magazine.





Inondations au quartier salsa à Port-Gentil au Gabon (c) DKT
Des populations désespérées devant les inondations dont aucune solution ne pointe à l’horizon de la commune de Port gentil dans l’ouest du Gabon. C’est la constance  depuis le retour des grandes pluies. Les pluies torrentielles et diluviennes, qui s’abattent sur la deuxième ville du pays,font constamment  de nombreux dégâts matériels et occasionnent des pertes importantes. ’Je n’ai rien récupéré comme matériel ou documents’’, se plaint Joséphine Bibalou.
A chaque fois,  on dénombre plusieurs familles sans abris,  les édifices public et privé ne sont pas épargnés par ces eaux. Les cours d’écoles se  transforment en lacs, les quartiers huppés  sont également dans le collimateur de la flotte.  Cette situation remet sur la table des pouvoirs publics la problématique des inondations qui ternissent davantage l’image de la capitale économique, montrant les faiblesses de l’action municipale, surtout l’absence d’une véritable canalisation des eaux dans les quartiers sous-intégrés. ‘’En 2009, le chef de l’Etat avait promis faire de Port gentil-un petit Dubaï de l’Afrique’’, rappelle avec un sourire  ironique un militant de la société civile.
L’Ogooué maritime est la région où se trouve Port gentil (le poumon économique), qui produit l’or noir, donc un grand apport dans le PIB national,  mais l’argent va ailleurs. Le développement de la province traîne les pas, parmi les conséquences du retard de transformation du Gabon,  les habitants de la capitale économique se sont accoutumés à se retrouver impuissamment  les pieds dans l’eau en saison de fortes pluies.



Dégâts causés par la pluie  à Port-Gentil au Gabon
En sillonnant la commune pétrolière, le piteux état des routes laisse perplexe. Les nids de poule ont fait place à des lacs artificiels obligeant du coup les automobilistes à repasser l’épreuve du créneau.  Les déplacements des populations sont rendus difficiles en cette saison des pluies, des toitures des habitations envolées, des panneaux électriques jonchent au sol, certains ponts de fortune ont cédé sous le poids des eaux. En pareille circonstance, on n’oublie les querelles de voisinage, vite, on établit  une chaine  de solidarité. ‘’ Avec ma famille, les voisins nous ont donné un espace en attendant une autre solution’’, nous fait savoir, Pierre Bouyou.



Ecole "Matiti" les élèves les pieds dans l'eau à Port-Gentil au Gabon_(c) DTK
Un plan d’urbanisation est plus que jamais nécessaire afin que les populations sentent une  réalité de développement de leur localité.’’ Quand on a tenté de tracer les 1ers plans de cette ville, on n’a pas tenu compte de l’avenir, je veux parler des changements climatiques que nous vivons à présent. Nous faisons des propositions au gouvernement, c’est le silence’’,indique Henri Michel Auguste de l’ONG H2O.
Devant ces catastrophes naturelles, dans les zones sinistrées  les réactions ne tardent pas. Une dame meurtrie dit attendre les politiciens lors des prochains rendez-vous électoraux.
Les inondations et l’érosion côtière sont les nouveaux défis de Port gentil où l’on parle sans cesse des changements climatiques. L’heure du discours est révolue, les décideurs se doivent de trouver une porte de sortie devant les cris des populations dont la précarité est devenue banale.
Par Danny KOUELE TOLE, Port-Gentil, Gabon

Monsieur Danny KOUELE TOLE est membre de l'ONG H2o Gabon.
 



Gabon: pollution pétrolière dans la Lagune Fernan Vaz




Henri AUGUSTE a contacté ce jour Patrick FORT, du bureau de l'AFP à Libreville, pour lui signaler cette pollution d'hydrocarbures. Nous restons mobilisés sur cette affaire. La nappe devrait atteindre Port Gentil demain. Nous vous tiendrons informés.


LIBREVILLE - Une pollution pétrolière s'est produite mardi dans la lagune Fernan Vaz (sud-ouest), un des plus beaux sites naturels du Gabon, proche des zones de production pétrolière, a appris l'AFP auprès d'une association de défense de l'environnement jeudi.

Il y a une nappe de 5 km2 qui dérive dans la lagune (Fernan Vaz) en direction de Port-Gentil (la capitale pétrolière), a affirmé à l'AFP Henri-Michel Auguste de l'ONG H2O.

J'ai appris que le (pétrolier franco-britannique) Perenco a mobilisé toutes ses équipes qui sont au travail pour enrayer la pollution. Ils utilisent notamment des dispersants chimiques, a ajouté M. Auguste.

Le Gabon a déjà fait valoir lors de précédents accidents qu'il comptait appliquer le principe de pollueur-payeur.

Le pays est le 4e producteur subsaharien de pétrole avec 220.000 à 240.000 barils par jour. Officiellement, ses recettes assurent à l'Etat 60% de son budget. La majeure partie de la production se situe au sud de Port-Gentil, tant sur terre qu'off-shore.

Les principaux producteurs sont les groupes anglo-néerlandais Shell et français Total.

(©AFP / 13 décembre 2012 18h00)

lien d'origine 

mardi 4 décembre 2012

Nouvelles vidéos : Sauvegarde des Tortues Luth et urbanisme de Port Gentil



Une tortue luth échappe à la mort à Port-Gentil
24-10-2012 16:54 (commentaires : 5) sur gabonews.com



Entrainée par les vagues de l’océan sur une plage de Port-Gentil, une tortue luth a failli finir dans l'estomac d’un pécheur trop gourmand se trouvant sur les lieux.
La bête a été aperçue par un pêcheur en activité à la plage située au quartier Côte d’Azur, dans une banlieue de la ville de Port-Gentil. L'homme croyant avoir trouvé sa pitance du jour a commencé à donner des coups de manchette à l'infortuné animal. Heureusement pour cette tortue luth, l'attention de quelques travailleurs d’une société pétrolière présents dans les parages a été attirée par l'étrange combat. Ces derniers ont accouru pour porter secours à l'animal et l'arracher aux mains assassines de son bourreau. L'animal blessé a été remis à l’eau.
Rappelons que la tortue luth fait partie des espèces animales intégralement protégées par la loi gabonaise. L’administration en charge de l’environnement et les associations ou organisations de la société civile de ce secteur doivent multiplier les campagnes de sensibilisation dans le but d’une prise de conscience élargie.
Credit photo : DKT
GN/DKT/PGM/YKM/12



Henri Auguste, Président de H2O Gabon est intervenu sur ce sujet sur la chaîne TV locale de Port Gentil Top Bendjé. Vous pouvez visionner le reportage et l'interview complète ci-dessous.





Proposition d'un pôle industriel alternatif à la Zone Industrielle de Port Gentil (ZIEC)




L’Etat Gabonais a décidé de construire une nouvelle zone industrielle ZIEC sur l’ile Mandji, sur le territoire de la Ville de Port Gentil.

1 – La Ville de Port Gentil est construite sur l’ile Mandji.  C’est un terminal pétrolier, soumis à l’érosion des côtes par la disparition progressive de la mangrove et à la montée du niveau de la mer dû au réchauffement climatique.

2 – Le projet de Zone Industrielle de Port Gentil qui a fait l’objet d’une consultation publique en Juillet 2011 (cliquer pour télécharger) prévoit :
- la destruction complémentaire de la mangrove
- le développement d’industries dangereuses en termes de risques industriels

3 – H₂O Gabon a rédigé divers articles dans la presse nationale et internationale pour expliquer les risques industriels qui guettent la Ville de Port Gentil :

4 – H₂O Gabon a enfin rédigé une proposition pour un "Pôle Industriel Vert" faite au Directeur Général de OLAM Gabon le 4 Juillet 2012. Cette proposition est toujours lettre morte à ce jour.

Le 4 Décembre 2012.

Notre Projet alternatif pour la ZIEC de Port Gentil



Notre Projet alternatif pour la ZIEC de Port Gentil

Note adressée à Monsieur Gagan Gupta,
Directeur Général de OLAM Gabon

Ce mémorandum fait suite à notre rencontre de Libreville et de nos discussions au cours desquelles vous m’avez soumis vos impératifs avec franchise et pour ma part je vous ai présenté mes appréhensions face à la menace écologique de la destruction de la mangrove et de l’installation d’une usine d’engrais chimique, sur la zone d’implantation de la ZIEC.

Pour diminuer les tensions palpables et les hostilités de la population Port-Gentillaise et pour redorer votre image mise à mal ces derniers temps dans tous vos projets au Gabon (notamment dans le Woleu Ntem), je me permets de vous soumettre la vision de H2O GABON au travers de son projet alternatif pour la ZIEC, qui cadre avec la politique du « Gabon Vert » définie par le Chef de l’Etat.

Notre proposition concernant le volet nature :
Ø  Replantation de la mangrove dans les zones humides non utilisées par OLAM, en vue de protéger au mieux les sols et la ville de Port-Gentil, de l’érosion et de la montée des eaux. Ceci fera l’objet d’un partenariat entre H2O GABON et OLAM.
Ø  Nettoiement des principales artères des déchets plastiques.

Notre proposition concernant le volet industriel :
Ø  Création d’un complexe de traitement de déchets (tri sélectif, recyclage et compostage). Cette industrie, demanderesse de beaucoup de main d’œuvre non qualifiée, pourrait générer des emplois (environ 500 postes, voire plus à terme). Elle se destinerait à traiter les déchets de la Ville de Port Gentil et ceux de Libreville, voire ceux des pays de la sous région amenés par conteneurs maritimes via le Port.
Ø  Création d’une usine de fabrication de produits finis en bioplastiques : sacs plastiques, poches à eau, couverts jetables, films d’emballage, films industriels, films agricoles… Impact en terme d’emplois créés : probablement 200 postes (et plus à terme), avec une proportion de main d’œuvre peu qualifiée. L’usine pourra servir les besoins d’emballage du Gabon et des pays de la sous région. L’utilisation des bioplastiques est en effet inéluctable en Afrique, du fait des dommages lourds causés par l’utilisation jusqu’à présent des plastiques d’origine pétrolière.
Ø  Création d’une usine d’assemblage de panneaux en bambou, en vue de la construction de maisons économiques et écologiques, puis plus tard fabrication sur place de ces panneaux. Impact en terme d’emploi : probablement 300 postes, voire beaucoup plus à terme, dont une grande partie de main d’œuvre peu qualifiée.
Ce projet est à mettre en perspective des importants besoins en habitat social au Gabon – 200 000 à 250 000 unités – dont cette technologie pourrait couvrir une partie.
Cette usine peut aussi naturellement trouver des débouchés dans les autres pays de la sous région.
Ø  Création d’une usine de construction de véhicules et de cycles électriques,  une collaboration à envisager avec le groupe TATA ?
Ø  Création d’un centre de call center offshore, connecté sur les réseaux de fibres optiques desservant le Gabon. Ce type d’activité se développe dans d’autres pays en voie de développement (Algérie, Tunisie, Maroc, Ile Maurice, Côte d’Ivoire, Sénégal, Bénin, Congo). Impact en termes d’emplois : probablement 300 personnes main d’œuvre peu qualifiée, mais parfaitement francophone.
Ø  Centrale électrique utilisant la biomasse des déchets pour fonctionner.
Ø  Etc…

Voici une vision générale de ce que pourrait-être un pôle d’industrie verte dans cette ZIEC. La liste n’est pas close.
Comme vous pouvez le constater, nous avons déjà identifié des schémas industriels pour réaliser concrètement ces projets, et en particulier :
- le hub de traitement de déchets,
- l’usine de fabrication de produits finis en bioplastiques,
- l’usine de montage puis de fabrication de panneaux en bambou, pour le programme de maisons économiques et écologiques.

Nous restons à votre disposition pour en discuter plus avant, et sommes prêts et capables de vous accompagner avec nos partenaires dans la réalisation de ces projets.


Fait à Port Gentil, le 04 juillet 2012.





Mise à jour Août 2013 :

En connexion avec notre proposition sur les bioplastiques, nous vous invitons à lire les derniers articles sur le sujet de notre partenaire, la société ARTAXERKES.

Bioplastiques EN 13432
Produits et résines biodégradables et compostables

Notre réponse à la consultation publique sur la ZIEC de Port Gentil du 25/05/2012




1- Réponse à la consultation publique sur la ZIEC de Port Gentil du 25/05/2012
Vidéo - Le rôle des Mangroves dans la protection de la faune et de l'environnement.
H2O Gabon / Top Bendjé TV (Port Gentil)

(Cette intervention a été perturbée par des responsables du pouvoir qui ne pouvaient accepter la critique).

La mangrove est un milieu aquatique côtier dont les paramètres physico-chimiques de l’eau varient plusieurs fois par cycle de 24 heures. L’eau passe par les états suivants : eau douce, à saumâtre puis salée, et vice versa, en fonction des marées et des saisons.
La flore aérienne de ce milieu est composée en grande majorité de palétuviers. Le palétuvier est un arbuste ayant des facultés adaptatives à ce genre de conditions extrêmes. Grâce à ses racines aériennes, il retient la plus grande partie des sédiments en suspension dans l’eau, évitant ainsi d’étouffer la microflore et la microfaune alentours qui se développent sur les zones sableuses.
En dehors de ses capacités filtrantes et de barrière anti érosion, la mangrove est un réservoir d’une grande diversité : c’est un site de reproduction, d’écloserie, de nurserie pour la faune aquatique benthique et pélagique.
On y trouve aussi un nombre important d’espèces inféodées à ce type de milieu : des invertébrés (mollusques, crabes, etc ...), des oiseaux du littoral (courlis, mouettes, aigles, etc ...), des reptiles et des mammifères. Enfin, outre un haut lieu de biodiversité, la mangrove est un écosystème primordial contre l’érosion des côtes.
Elle forme un barrage efficace contre la houle océanique surtout lors des tempêtes de la saison des pluies. Détruire un tel écosystème mettrait donc en péril les grands équilibres, et la ville de Port-Gentil, principalement lors des saisons des pluies. Nous connaissons tous les problèmes que pose le terminal du Cap Lopez, mais aussi le nouveau port : Leur construction a induit des modifications dans les courants marins et sous-marins, en accélérant l’érosion dans différents endroits de l’île Mandji et particulièrement de notre ville. Assez régulièrement au Cap Lopez, des zones de plages s’effondrent dans l’Océan. Une destruction complémentaire de l’écosystème ne va-t-il pas en accélérer le phénomène ? Veut-on voir un jour le terminal pétrolier s’abimer dans l’Océan ? La ville de Port Gentil est déjà au niveau de la mer et subit de plein fouet la montée des eaux due au changement climatique, il me semble que nous allons droit à la catastrophe. Peut-on se permettre de prendre un tel risque ? A contrario, il serait souhaitable de développer à nouveau les mangroves, afin que restaurer l’équilibre avec la Nature. C’est un coût financier très raisonnable, au regard des risques financiers qu’il permet de prévenir.
La ZES a-t-elle nécessairement besoin d’être construite sur des zones qui protègent la ville de Port-Gentil, ses industries et plusieurs milliers habitations ? Qui  payera les conséquences dévastatrices de cette atteinte majeure à la mangrove qui protégeait Port-Gentil gratuitement ? Nous, malheureusement …
Il y a quelques temps déjà, j’ai eu la chance d’assister à la consultation publique organisée par OLAM, qui est un acteur essentiel de cette ZES, puisque selon leur présentation, il devrait y implanter différentes activités. Lors de cette présentation sur la ZES, dans l’ordre des idées fantaisistes évoquées, des hôtels et des zones réservées à l’aquaculture/pisciculture. Comment peut-on prétendre installer les activités citées ci-dessus à proximité immédiate d’un complexe pétrochimique (une raffinerie) et chimique (une usine d’engrais type AZF et une usine d’ammoniac) ?
En ce qui concerne l’activité principale d’OLAM, l’usine d’engrais chimique, le projet bénéficie de la proximité de la matière première (le gaz). Mais le monde agricole est en profond bouleversement et de plus en plus d’agriculteurs abandonnent les engrais chimiques, car trop polluants, trop risqués pour la santé de ces derniers et des consommateurs (ces risques ont été établis par de nombreuses études scientifiques de part le monde). N’est-ce pas pour cela que l’on a décidé de créer ces chimères que l’on appelle « les  OGM ou Organismes Génétiquement Modifiés » pour éviter d’utiliser des engrais et des pesticides, qui causent de gros dégâts environnementaux : pollution des sols, de l’air, des nappes phréatiques, des fleuves et des océans, pour une production stagnante qui n’empêche pas le tiers monde de mourir de faim… une utopie en remplace une autre. Dans un monde où les risques sanitaires et alimentaires sont de plus en plus identifiés et dénoncés, comment peut-on envisager vendre des engrais chimiques alors que l’agriculture villageoise locale décline car les jeunes générations ne daignent pas s’intéresser au travail de la terre. A l’international, on a et on va avoir de plus en plus de mal à trouver des débouchés  pour ce type de produits dangereux dans les années à venir. Car la conscience des peuples évolue vers un mieux être et un mieux manger.
Pour prolonger mon propos, j’aimerai rappeler aux auditeurs, l’accident du 21 septembre 2001 à Toulouse (France). L’usine AZF de Toulouse est détruite par l’explosion d’un stock de nitrate d’ammonium (engrais chimique), entraînant la mort de 30 personnes, faisant 2 500 blessés, laissant 14 000 personnes atteintes de lourds traumatismes psychiques et de lourds dégâts matériels se chiffrant à environ 2 milliards d’Euros. Résultat, une ville profondément meurtrie, une ville en procès contre La société Grande Paroisse (Total) depuis plus de 10 ans, à ce jour aucunes indemnités n’ont été versées au titre de dommages. Comme nous le voyons ci-dessus, ce genre d’industrie n’est pas sans danger. Le 1er risque est la pollution de l’air en cas d’incident ou d’accident, ce qui pourrait en fonction de la concentration et de la direction du vent, l’air ainsi contaminée provoquerait des vertiges, des nausées, voir la mort par asphyxie de la population en fonction de sa proximité.  Le 2ème risque de pollution par débordements des eaux usées ou par accident, la proximité de la mer engendrerait l’extinction immédiate de la Faune et de la Flore aquatique sur toutes les zones aquatiques polluées. Le 3ème risque est non des moindres, l’explosion, nous avons déjà vu plus haut  les effets et les résultats, sachant que la déforestation des alentours de Port-Gentil et son particularisme urbain ne jouent pas en notre faveur, dans ce cas. Malgré une étude d’impact environnementale peu convaincante. 

Certaines questions me brulent les lèvres :

Ø  Pourquoi s’entêter à vouloir installer une telle industrie à proximité immédiate de la ville ?
Ø  A-t-on pris en compte le voisinage trop proche de 2 autres industries à tendance explosive, le terminal pétrolier du Cap Lopez et la raffinerie de la SOGARA ?
Ø  Ne risque-t-on pas « un effet boule de neige » ?
Ø  Sans être un oiseau de mauvais augures, en cas de pollution de l’eau ou de l’air serait-on capable de circonscrire et d’endiguer ces dernières ?
Ø  Dans le cas d’une explosion de type AZF, avons-nous assez de lits pour prendre en charge un nombre très important de patients dans notre hôpital où déjà les places sont limitées ?
Ø  Avons-nous un corps médical en nombre et capable de traiter ce genre de pathologie liés aux accidents majeurs industriels ?
Ø  En cas de pollution de la mer, qui va restaurer et payer les dégâts causés à l’Environnement ?
Ø  En cas de pollution de l’air qui va prendre en charge et indemniser les personnes ou les ayants droits ?
Ø  En cas de catastrophe majeure au final, qui  va payer ?
Je vous laisse répondre à mes légitimes interrogations en vos âmes et consciences, puis longuement méditer sur cette phrase qui pourrait servir de mise en garde. Elle nous vient de l’inventeur du terme scientifique « biodiversité », l’Entomologiste et biologiste américain, le Prof Edward Osborne WILSON, dont voici la teneur «L’humanité ne se définit pas parce qu’elle crée, mais par ce qu’elle choisit de ne pas détruire ».